Djorkaeff : «Il y a un message clair au PSG désormais»

Youri Djorkaeff
Trophée des Champions
01/08/2019

Ambassadeur de la LFP, le champion du monde 98 Youri Djorkaeff a donné son sentiment sur le Trophée des Champions qui opposera le PSG au Stade Rennais samedi.

Youri, que représente le Trophée des Champions à vos yeux ?
L’excellence à la française. C’est une finale entre le champion de France et le vainqueur de la Coupe de France. Derrière un titre de champion, il y a un long parcours, tu as été la meilleure équipe. Et pour gagner la Coupe de France, il faut de la chance, du panache, du caractère.

Le Trophée des Champions a lieu à l’étranger pour la 11e année de suite. Que pensez-vous du développement à l'international de la Ligue 1 Conforama ?
Dès que tes clubs se tournent vers l’étranger, il faut un accompagnement de la ligue. La synergie qui existe entre les clubs et la LFP est intéressante. Il faut se poser les bonnes questions pour s’aider, faire grandir le football français et l’intérêt des étrangers pour nos clubs. Pour ce qui est de la délocalisation, j'ai bien aimé ce qui s'est fait avec la finale de la Coupe de la Ligue BKT. Paris centralisait tout auparavant. En ouvrant ces finales à d'autres villes, on a vu un engouement certain, un impact. Les billets sont vite partis avant même que l’on sache qui étaient les clubs finalistes. De la même façon, organiser des matchs à l’étranger comme le Trophée des Champions est important pour que les fans étrangers puissent  profiter de nos clubs. Après, peut-être qu’il sera intéressant de revenir jouer en France dans quelques années.

« Organiser une présence au quotidien »

L’OM, Saint-Etienne, Montpellier et Bordeaux ont disputé les EA Ligue 1 Games aux Etats-Unis, où vous avez joué aux Red Bulls de New York. Quelle est l’image du championnat de France là-bas ?
Elle évolue. Peut-être pas aussi rapidement qu’espéré mais elle évolue. Je connais bien les Américains et ce ne sont pas des gens qui vous attendent. Si vous venez faire un match par an, ils vont dire « merci, au revoir ». Ce qu’il faut faire, comme certains grands clubs européens, c’est organiser une présence au quotidien. Que les clubs viennent ou pas, il faut faire en sorte d’être présent. C'est une sorte de lobbying. On ne peut pas organiser un match, repartir et s’intéresser aux retombées juste derrière. Par exemple, le championnat allemand n’est pas le meilleur du monde mais le Bayern Munich est très bien représenté aux Etats-Unis car c’est un club qui y est implanté depuis un certain temps.

C'est donc le modèle à suivre ?
Il ne faut pas de « one shot », ça ne fonctionne plus. Si vous mobilisez une fanbase à l’étranger mais que vous ne revenez plus, ces fans vont être déçus. Ils vont se dire : « Attendez, nous, on joue le jeu, on se déplace, on suit l’équipe et puis quoi ? C’est juste pour un match et on se revoit dans cinq ans ? ». C’est vrai que c’est de l’organisation et que ça nécessite des moyens mais il faut investir. Nous, Français, on va se dire : « Ça va nous coûter tant. On va perdre de l’argent ». Les Américains vont penser : « Ça va nous coûter tant. On va investir tant ». C’est une façon de penser. La question n’est pas de savoir qui a tort ou raison mais ce que veulent les clubs. Si vous souhaitez avoir une vraie présence et de vraies retombées, il faut voir sur 3-4 ans.

« Le PSG est en train de vivre un chamboulement »

Comment voyez-vous ce Trophée des Champions entre le PSG et le Stade Rennais ?
Ça va être un match intéressant. Rennes a été récompensé d’une saison assez incroyable, que ce soit en Coupe de France ou en Europa League. C’est une équipe qui a du panache. On se demande même pourquoi le Stade Rennais n’a pas joué comme ça depuis longtemps. Ce double parcours européen et en Coupe de France a fait ressortir l’identité et les valeurs de Rennes aux yeux du grand public. En France, on a beaucoup de clubs qui ont des valeurs et une identité forte, il faut les mettre en avant. Ça a rappelé les épopées du passé, tant mieux. Il faut maintenant que le club profite de cet engouement et c'est super. Il y a des clubs qui ont des stars et des clubs qui ont moins de moyens mais une identité à mettre en avant.

Et quel est votre regard sur le PSG actuel ?
Le club parisien est en train de vivre un chamboulement. On sent qu’il y a une transition mais que ça commence à s’ajuster, à travailler. Il y a un message clair désormais. Est-ce que ça va entraîner des résultats ? Je l’espère, à la fois pour Paris et pour le football français. Mais avant de penser aux résultats, il faut bâtir et il y a encore des choses à bâtir au PSG pour affronter les plus grosses écuries européennes en étant sûr de passer. Mais ça viendra !

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