Caillard (Guingamp) : «Stopper un pénalty, le bonheur total !»

Caillard dans sa spécialité des pénlatys.
Coupe de la Ligue BKT
27/03/2019

Décisif lors des trois séances de tirs au but de l’EA Guingamp dans cette Coupe de la Ligue BKT, Marc-Aurèle Caillard évoque sa spécialité avant la Finale contre Strasbourg.

La Ligue 1 Conforama a découvert un nouveau talent chez ses gardiens lors du parcours de l’EA Guingamp en Coupe de la Ligue BKT. Néophyte dans le championnat, Marc-Aurèle Caillard (24 ans), qui a passé cinq ans à l’AS Monaco (2010 à 2015) avant de rejoindre Clermont pendant deux saisons, symbolise la belle aventure bretonne de cette 25e édition de la Coupe de la Ligue BKT.

« Il a été le héros du soir, saluait son coéquipier Guessouma Fofana après sa première démonstration de l’exercice des tirs au but contre le SCO fin octobre. Quand on n’a pas été bien, il nous a maintenus dans le match. Et lors de la séance de tirs au but, il nous en sort trois ! ». Du haut de ses 191 centimètres, celui qui disputait alors son premier match avec l’En Avant a sorti les trois premières tentatives adverses, en plongeant deux fois sur sa droite et en effectuant un arrêt au centre. Par la suite, Marc-Aurèle Caillard s’est forgé une réputation d’expert en remportant deux autres séances de tirs au but contre Nice et Monaco, pour au total présenter un bilan impressionnant de 8 pénaltys repoussés sur 16 dans la compétition. Plutôt pas mal pour un gardien qui n’avait plus disputé de séance depuis les U19 en Principauté, mais qui avoue avoir toujours apprécié l’exercice.

Marc-Aurèle, l’EA Guingamp va disputer sa première Finale de Coupe de la Ligue BKT. Quelle importance à cette rencontre pour vous ?

Dans notre saison compliquée pour le moment, même si on a redressé la barre contre Dijon, la Coupe de la Ligue BKT est notre rayon de soleil. A chaque tour, nous avons signé de gros matchs qui nous ont permis de garder confiance en Ligue 1 Conforama.

Maintenant, nous sommes super contents d’être en Finale ! Car cela reste un match à part. Quand j’étais à Clermont, j’avais assisté en spectateur à celle de Lyon en 2017 (PSG-Monaco, 4-1), car j’avais encore quelques amis à Monaco. Je me souviens du show qu’il y avait eu autour du match, la cérémonie... J’avais passé une bonne soirée.

Racontez-nous votre parcours pour arriver jusqu’à la Finale du 30 mars à Lille.

On a eu Angers aux tirs au but, puis ensuite Nice, qui est une équipe difficile à manœuvrer. On s’en est sorti aux pénaltys également. Mais c’est le gros match face au PSG qui a été le déclic. Après ça, on s’est dit qu’après cette performance il serait dommage ne pas finir avec la Coupe entre les mains. Et enfin, il y a eu Monaco qui est venu avec une équipe bien renforcée lors du mercato d’hiver. Nous avons parfaitement négocié ces affiches.

En quoi la Coupe est une compétition spéciale ?


En Coupe, tout se joue sur un match. Donc face à ces grosses équipes, on se dit que ça reste possible. Nous avons su faire les matchs qu’il fallait au bon moment. Ensuite, je pense que le fait de ne plus avoir de prolongation sur ces tours a joué en notre faveur. La première séance remportée face à Angers a été importante, car après cela nous a donné confiance pour la suite. En restant solides, nous savions que nous augmentions nos chances d’aller encore jusqu’aux pénaltys. Et là, tout peut arriver.

En plus d’un trophée, une victoire en Coupe de la Ligue BKT offre un billet européen. Est-ce une source de motivation supplémentaire ?

Déjà pensons à gagner ce trophée samedi prochain. Le plus important reste de remporter ce titre qui peut aussi nous faire beaucoup de bien pour la fin de saison. Cela nous donnera un élan positif pour le sprint final en Ligue 1 Conforama. Après en remportant cette Coupe, nous savons que nous pourrons jouer l’Europe la saison prochaine, avec des tours de qualifications à passer.

A titre personnel, vous avez été particulièrement performant lors des séances de tirs au but dans la compétition. Quel est votre secret ?

Chaque matin de match, nous étudions les tireurs de pénaltys adverses avec l’entraîneur des gardiens (Ronald Thomas). Pour ces matchs de Coupe, on analyse tous les autres tireurs potentiels avec l’aide des vidéos. Après, pendant la séance je garde ces éléments dans un coin de ma tête, même je fais aussi selon le feeling de l’instant. Face au tireur, il y un petit jeu qui s’installe ; j’essaye de le déstabiliser, d’atteindre sa confiance avant le tir. Ensuite, dès que l’on parvient à stopper un premier tir au but, cela sème le doute chez tous les autres tireurs.  

Appliquez-vous toujours la même tactique face aux tireurs ?

Les tireurs n’ont pas tous les mêmes comportements. Certains tirent de n’importe quel côté, du coup il faut scruter des indices quand ils sont face à vous. Quel côté fixe-t-il avant de s’élancer ? Ou alors est-ce qu’il ne quitte pas le ballon des yeux…Ensuite, il faut bien regarder sa course d’élan, le placement de son corps, de son pied d’appui. Tout ça se joue en quelques fractions de seconde. Quand on part du bon côté, c’est un régal ; et quand en plus on parvient à sortir le pénalty c’est le bonheur total !

Ensuite, vous avez les tireurs qui ne marquent pas d’arrêt dans la course d’élan, qui foncent. Et puis, il y a ceux qui attendent, ajustent tranquillement leurs petits pas d’appui, comme le fait Neymar (PSG) ou Cristian Lopez lors de la dernière journée avec Angers contre Gurtner (Amiens SC) : eux attendent le dernier moment pour avoir une indication sur ce que va faire le gardien. Dans ces moments, il faut alors vraiment essayer de ne pas bouger, de rester fort sur ses appuis et enfin de réagir rapidement. Ces pénaltys sont difficiles à gérer, car les gardiens ont toujours l’habitude de bouger avant sur leur ligne.

Pratique très rare, vous êtes entré en jeu spécialement pour la séance de tirs au but face à l’AS Monaco lors de la demi-finale. Cela avait-il été préparé à l’avance ?

L’hypothèse que je rentre dans les dernières minutes en cas de match nul avait déjà été évoquée le jour du quart contre le PSG. J’étais donc prêt à rentrer à 1-1 au Parc, mais nous avons eu le pénalty de la victoire à la toute fin, donc je n’ai pas eu à entrer en jeu. Ensuite, nous n’avons pas du tout évoqué cette possibilité avant la demie contre Monaco ; mais je gardais en tête que cela pouvait être la même chose pour ce match. Et c’est ce qui s’est produit. En seconde période quand nous revenons au score, le staff m’a demandé d’aller me préparer dans le couloir des vestiaires. Je me suis tranquillement mis en condition et quelqu’un est venu me chercher pour la séance.

Du coup pour la Finale, vous devez avoir cette hypothèse en tête.

Le plus important est de ramener la Coupe à Guingamp. Peu importe comment : avec ou sans séance de tir au but. Ça peut être un moment inoubliable qui reste graver dans nos mémoires. Mais entrer spécialement pour les tirs au but ne me dérange pas. Avec l’ambiance du stade et l’adrénaline, je suis toute de suite dans le match.

Justement, la dernière séance de tirs au but d’une Finale remonte à 2004 et un certain Sochaux-Nantes (1-1, 5-4 tab)…

C’était la « Panenka » de Landreau, non ? J’essayerai de ne pas faire la même ! Mais si nous devons passer par les tirs au but en Finale, je me concentrerai pour les arrêter plutôt que pour en tirer un…








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